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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 13:41

C'est une bombe déclenchée à distance qui a provoqué, jeudi,     la mort dans un café de Marrakech de seize personnes, dont sept Français. Les autorités marocaines, qui ont ainsi infirmé les premières hypothèses, qui évoquaient un kamikaze, soupçonnent des émules d'Al-Qaïda.  

 

Les premiers éléments de l'enquête "ont montré que (la bombe était composée) de nitrate d'ammonium et d'explosifs TATP, ainsi que de clous, et que l'explosion a été déclenchée à distance", a déclaré devant le Parlement à Rabat le ministre marocain de l'Intérieur, Taeb Cherkaoui. En conséquence, a-t-il souligné plus tard, "l'hypothèse du kamikaze", avancée dans un premier temps, est désormais "exclue". 

 

"La manière dont cet acte a été exécuté nous rappelle le style utilisé d'habitude par l'organisation Al-Qaïda", a-t-il révélé, à propos de cette attaque - la plus meurtrière depuis les attentats islamistes de mai 2003 à Casablanca. 

 

La police dispose désormais du portrait-robot d'un suspect, décrit par un couple de témoins néerlandais - mais aucune arrestation n'a pour l'instant été effectuée à la suite de l'attentat. 

Les témoignages de John Van Leeuwen et de Marjolein Appel ont permis d'établir le portrait-robot. Les deux touristes ont été conduits à la morgue, mais n'y ont pas reconnu parmi les victimes l'homme croisé dans le café. 

Il s'agirait d'un Arabe, jeune, bien rasé et aux cheveux longs. "J'ai demandé aux enquêteurs ce matin : 'Est-ce que vous pensez que c'est lui', et ils m'ont dit oui", a déclaré John Van Leeuwen. 

 

Une vidéo, attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et diffusée sur Internet, avait menacé le Maroc trois jours avant l'attaque de Marrakech. Mise en ligne le 25 avril sur YouTube, elle présente cinq jeunes gens armés. L'un d'eux, masqué, prend la parole pour annoncer leur détermination à défendre des personnes détenues au Maroc. 

 

Treize des 16 personnes tuées dans l'attentat qui a soufflé le café Argana, sur la place Jamâa El-Fna, haut lieu du tourisme à Marrakech, ont été identifiées: sept Français, deux Canadiens, deux Marocains, un Anglais et un Néerlandais. Officieusement, de source médicale, il s'agirait en fait de huit Français, deux Canadiens, deux Marocains, un Anglais, un Néerlandais, un Suisse et un Portugais. 

 

Les derniers bilans officiels font en outre état de 26 blessés. 

Paris a confirmé qu'au moins six Français figuraient au nombre des tués, et au moins sept au nombre des blessés. Les autorités françaises ont envoyé au Maroc une équipe de huit policiers pour participer à l'enquête 

Claude Guéant estime dans le Journal du Dimanche à paraître que "rien ne permet d'affirmer" que la France était particulièrement visée par l'attentat. Le ministre de l'Intérieur rappelle que "le Maroc a déjà été le théâtre d'attentats importants: 45 morts, dont 12 kamikazes à Casablanca en 2003, d'autres encore en 2007". Mais il reconnaît que le café où a eu lieu l'attentat "est un haut lieu touristique et, vu l'engouement des Français pour Marrakech, il y avait une forte probabilité que des Français soient touchés". 

 

Les autorités marocaines et françaises avaient immédiatement dénoncé un acte "terroriste", dans ce pays d'Afrique du Nord voisin de la région du Sahara où est très active Aqmi, qui s'en est déjà prise aux intérêts français. 

 

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