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DACCA (Reuters) - Les autorités du Bangladesh ont décidé dimanche de faire intervenir l'armée pour maintenir l'ordre face à une grève des transports et à de violentes manifestations en faveur du limogeage de commissaires électoraux.
Un homme a été tué et une cinquantaine de personnes ont été blessées au premier jour des manifestations qui ont isolé la capitale, Dacca, du reste du pays, fermé les ports et paralysé les principales villes, ont rapporté la police et des témoins.
"Le gouvernement a décidé de déployer l'armée afin de porter assistance à l'administration civile en conséquence de la situation qui règne actuellement dans le pays en matière d'ordre public", dit une note adressée par le ministère de l'Intérieur aux administrations régionales.
Le gouvernement n'a néanmoins pas précisé quand l'armée commencerait à se déployer.
Le président Iajuddin Ahmed a réuni les chefs militaires cette semaine à Dacca tandis qu'une alliance de 14 partis d'opposition emmenée par la Ligue Awami de l'ex-Premier ministre Cheikh Hasina annonçait son intention de paralyser le Bangladesh par un blocus des transports et d'autres manifestations à compter du 12 novembre.
"La situation en matière de respect de la loi et de l'ordre n'a pas atteint un niveau tel qu'une intervention militaire soit nécessaire", a réagi Abdul Jalil, secrétaire général de la Ligue Awami.
ACCUSATIONS DE PARTIALITÉ
"J'espère que nos forces armées patriotiques refuseront d'être utilisées à des fins politiques ou de protéger les intérêts d'un seul groupe, au détriment des droits du peuple", a-t-il ajouté.
Les partis protestataires réclament le départ, avant des élections prévues en janvier 2007, de responsables de la commission électorale jugés partiaux. M.A.Aziz et ses adjoints sont accusés de favoriser le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) de la bégum Khaleda Zia, dont le mandat de Premier ministre a expiré le mois dernier.
Le BNP rejette ces allégations et accuse la Ligue Awami de vouloir précipiter le pays dans l'anarchie et saboter les élections.
Hasina a dit à des journalistes que la paralysie des transports se poursuivrait jusqu'à ce que la coalition obtienne le limogeage d'Aziz.
Le président Iajuddin dirige le gouvernement intérimaire jusqu'aux élections.
Des manifestants ont incendié un bus et au moins cinq wagons de train dans la capitale, Dacca, où plusieurs centaines de militants de l'alliance se sont réunis malgré l'interdiction décrétée contre les rassemblements et manifestations.