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OAXACA, Mexique (Reuters) - Après avoir repris dimanche le contrôle d'Oaxaca, la police anti-émeutes mexicaine s'est déployée lundi en force dans les rues de cette ville coloniale qui est restée pendant cinq mois sous le contrôle de manifestants hostiles au gouverneur de l'Etat.
Appuyés par des blindés et des hélicoptères, plusieurs milliers de policiers armés pour certains de fusils d'assaut sont intervenus dimanche matin dans la ville du Sud du Mexique dont ils ont progressivement reconquis les quartiers.
Les forces de l'ordre, protégées par des masques à gaz et des boucliers, ont pris possession dans la soirée de la principale place de la ville abandonnée par les manifestants qui en avaient pourtant fait leur bastion depuis cinq mois.
Lundi matin, des camions blindés surmontés de canons à eau étaient positionnés sur cette place pour dissuader toute tentative de contre-attaque.
Un infirmier a été tué dimanche dans les affrontements. Selon des manifestants, il a été touché par une bombe lacrymogène. Son corps a été recouvert d'un drap blanc et du drapeau mexicain.
"DEMAIN, UN BAIN DE SANG"
L'odeur des gaz lacrymogènes et des autocars en flamme a plané une bonne partie de la nuit. Certains ont affirmé que les affrontements n'étaient pas terminés partout.
"Demain, il y aura un bain de sang", a prédit dimanche soir Mario Jimenez, un sympathisant des manifestants.
Assis sur les marches de la cathédrale, il observait les forces de l'ordre démontant les tentes érigées sur la place.
"Ruiz doit démissionner pour que ce problème se règle", a-t-il ajouté, en évoquant le nom d'Ulises Ruiz, le gouverneur de l'Etat accusé de corruption
Dans la nuit de samedi à dimanche, les manifestants avaient abandonné les barricades érigées autour de la ville et annoncé qu'ils voulaient éviter tout accrochage avec la police.
Signes de détente, le syndicat local des enseignants a accepté la reprise des cours lundi dans les écoles et d'autres militants se sont déclarés ouverts à des pourparlers tout en réaffirmant leur volonté d'obtenir la démission du gouverneur, accusé de corruption et d'abus de pouvoir.
Samedi, au lendemain d'affrontements qui ont fait trois morts, dont un journaliste américain, le président Vicente Fox a décidé de dépêcher des renforts fédéraux aux abords de la ville coloniale. Il est rare que des forces fédérales interviennent pour régler un conflit local au Mexique.
Depuis le début de la crise, en mai, une dizaine de personnes, pour la plupart des contestataires, ont été tuées.