Fenêtre Ouverte


Mardi 5 septembre 2006

Lisbonne

Si vous avez conservé de Lisbonne le souvenir de quartiers hors du temps, de places animées et de collines couvertes de maisons blanchies par le soleil, alors autant le dire tout de suite, vous serez surpris par le Lisbonne d'aujourd'hui. Car s'il y a une capitale qui s'acharne à dérouter ses visiteurs, c'est bien cette cité incroyable coincée au bout de l'Europe. La ville donne aujourd’hui l'impression de courir plus vite que ses habitants. Entre réfections des places et des vieux immeubles, travaux d'assainissement et ravalement de façades, les vieux quartiers que l’on croyait à jamais figés retrouvent une nouvelle jeunesse, sous l’œil nostalgique des vieux Lisboètes.
L'Exposition universelle de 1998 aura au moins eu ce mérite : celui d'encourager Lisbonne à se refaire une beauté et à révéler son charme aux foules. La capitale portugaise a démarré son quatrième millénaire avec l'enthousiasme de la jeunesse. Elle recrée une architecture-plaisir là où il n'y avait que bâtiments sordides, faisant pousser l'herbe là où l'on déposait il y a peu les containers. Les autorités portuaires libèrent peu à peu les berges du fleuve au profit d'espaces de promenade et de sortie.
Car Lisbonne est l'une des rares capitales européennes à être vraiment port de mer. Ville ouverte sur l'Atlantique et pourtant si méditerranéenne. Les marchands phéniciens la nommaient Alissubo, la « Rade délicieuse ». Elle l’est restée. Et avec ses sept collines, qui sont comme sept âmes aux amours différentes et complémentaires, n'invite-t-elle pas à venir se perdre dans ses nuits chaudes adoucies par les brises océanes ?

Carte d'identité

Lisbonne, Lisboa en portugais est la capitale et la plus grande ville du Portugal. Ses habitants sont les Lisbonnais ou les Lisboètes.

Superficie de la commune : 87 km2
Fleuve : Tage
Population : environ 560 000 habitants. Plus de 3 millions avec la banlieue.
Densité : 6437 habitants par km
2
Maire : Pedro Santana Lopes.
Monnaie : l’euro.
Indicatif téléphonique depuis la France : 351.
Langue : le portugais.
Anciens noms : Ossilipo (Grecs), Alissubo (Phéniciens), Felicitas Julia (Romains), Lissabona (Maures)

Formalités

Pour les ressortissants de l'Union européenne, carte nationale d'identité ou passeport en cours de validité. Pour les mineurs non accompagnés, autorisation de sortie du territoire. Permis de conduire rose ou permis international. Carte verte d'assurance. Pour tout véhicule prêté, carte grise et autorisation écrite du propriétaire.

Décalage horaire

Il y a une heure de décalage entre le Portugal et la France : quand il est midi à Paris, il est 11 h à Lisbonne.

Activités

Plages

Tout a été dit sur les plages de Lisbonne : polluées, surpeuplées, sales. Vrai et faux à la fois. Toujours est-il que Lisbonne a le rare privilège d'avoir les pieds dans l'eau. Les plages les plus proches sont à quelques stations de train du centre au départ de la gare de Caís do Sodré. Idéal pour couper la journée.
L'une des plus sympas est celle de Carcavelos (moins d'une demi-heure) : 2 km de sable, à 700 m de la gare. L'autre option, plus lourde (1 h de trajet, plus en cas d'embouteillage) : les plages de Costa da Caparica, au sud de Lisbonne, de l'autre côté du Tage. Immenses, larges et moins polluées.

La tourada

La course de taureaux portugaise est très différente de la corrida espagnole. Il n'y a pas de lutte à mort entre le taureau et l'homme. Les bêtes, salement blessées, sont néanmoins abattues quelque temps plus tard. Autre différence avec la corrida espagnole : au Portugal, elle s'effectue généralement à cheval. La tourada commence par la course à cheval, pendant laquelle les cavaliers (cavaleiros) plantent entre les cornes du taureau six banderilles (farpas). Après avoir reçu les ovations de la foule, le cavalier laisse la place aux peãos, hommes à pied qui, par des figures de cape, fatiguent la bête.
Enfin vient la partie bouffonne de la tourada : l'arrojado. Les forcados (autrefois, ils avaient une fourche), au nombre de 8, essaient de maîtriser l'animal en saisissant la bête par les cornes, le garrot et la queue. Les chocs sont alors assez violents. Il n'y a pas de mise à mort mais l'animal vaincu sera conduit le lendemain à l'abattoir.
Les courses de taureaux ont lieu généralement une fois par semaine, de Pâques à octobre. Celle de Lisbonne est l’une des plus réputée du pays, avec celles de Santarém ou de Vila Franca de Xira.

Fêtes et festivals

Festival de Fado : en février. Pour découvrir les nouvelles tendances de la plus traditionnelle des musiques de blues du Portugal.
Fête de Saint Antoine de Padoue et de Saint Jean : durant deux semaines en juin. Le 13 juin est férié seulement à Lisbonne pour célébrer Antoine le saint patron de la ville. Le rituel est bien réglé : défilé en fanfares (les marchas populares) sur l'avenida da Liberdade et bals musettes à volonté dans les quartiers populaires. Les enfants vont vendre, comme des petits pains, les pãozinhos de Santo-António. Les amoureux s'offrent un pot de basilic porte-bonheur. Le fado, le vinho verde et les sardinhas grillées sont à l’honneur. Dans d'autres lieux, ce sont les groupes de rock et cap-verdiens qui triomphent. Le tout emballé dans un carnaval de guirlandes de papier et de fanions. La municipalité de Lisbonne y a ajouté les festas de Lisboa, une avalanche d'expositions, de théâtres de rue, de concerts... du meilleur cru international.
Festival de musique classique : après Pâques, au centre culturel de Belém.

L'Océanorium

Posé sur l'eau dans l'ancien bassin des Olivais, ce gigantesque navire imaginaire à la couverture de verre ondulé suggérant les flots a été conçu par l'architecte américain Peter Chermayeff. C'est certainement la tentative la plus audacieuse de l’Exposition Universelle de 1998. Dans le bassin central, contenant l'équivalent de quatre piscines olympiques, évoluent des poissons de haute mer : requins, raies, tortues... L'ensemble est accessible sur 2 étages à travers des vitres bombées permettant une vision à 180o. Quatre autres aquariums recréent quatre régions océaniques du globe en associant sur deux niveaux l'espace terrestre et aérien et le milieu marin correspondant. Ainsi le visiteur peut-il passer de l'Atlantique des Açores, à la côte rocheuse du Pacifique où les loutres marines, vedettes-maison incontestées, évoluent dans des forêts d'algue Kelp, faire un détour par l'océan Indien et ses récifs coralliens animés de poissons multicolores, sans oublier l'Antarctique, ses paysages glacés et ses manchots. C'est au total près de 15 000 spécimens qui donnent vie à ce qui est devenu un des sites les plus visités de Lisbonne.

Quelques musées

Musée Calouste Gulbekian

Construit selon les principes architecturaux de Frank Lloyd Wright, intégrant l'harmonie du bâti avec la nature, et niché dans le magnifique parc de Palhavã, ce musée fait partie du plus prestigieux centre culturel d'Europe, la Fondation Gulbenkian. Après avoir fait fortune dans le pétrole, Calouste Gulbenkian (1869 - 1955) fut séduit par la stabilité du régime salazariste et vint vivre à Lisbonne. Grand amateur d'art, il consacra une partie de ses fabuleux revenus à l'achat des plus belles œuvres artistiques du monde, dont beaucoup proviennent du musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. Gulbenkian les légua, à sa mort, à l'État portugais. Peu d'objets exposés, mais chacun d'eux est digne d'intérêt. Cohabitation judicieuse des œuvres en compagnie de mobilier et d'objets d'Art déco de la même époque. Art oriental, faïences persanes, Azulejos et évangéliaire arménien, coffrets en nacre du Japon, boîtes laquées, jarres et porcelaines chinoises...
Les arts européens ne sont pas en reste. À noter : Portrait d'une jeune fille de Ghirlandaio, Centaures de Rubens, puis Frans Hals, Van Dyck, et d'autres Rubens comme le Portrait d'Hélène Fourment. Et aussi Portrait d'un vieillard de Rembrandt, Mademoiselle Sallé par Quentin de La Tour, Mrs. Lowndes-Stone par Gainsborough, de merveilleux Constable, la série des célèbres Venise de Guardi. Et puis une avalanche de Corot, Manet, Degas, Monet, Renoir et des bustes de nos plus grands sculpteurs, dont Rodin. Voir aussi la salle entière consacrée à René Lalique, le maître-verrier inégalé de la fin du XIXe siècle. La fondation organise également de grandes expos d'œuvres contemporaines, de prestigieux concerts, spectacles de danse, etc. Une activité débordante qui lui vaut d'être considérée comme un ministère de la Culture bis. Vraiment un des plus beaux musées en Europe.

Musée Nacional de Arte Antiga

Installé dans un beau palais à la façade jaune où vécut Pombal. Une accumulation de chefs-d'œuvre, surtout des primitifs portugais côtoyant des œuvres de Gérard David, Vélasquez, Van Dyck, Bruegel (le Jeune), Zurbarán, Ribera et Poussin. À voir : extraordinaire polyptyque de l'Adoration de saint Vincent, l'Annonciation du Mestre de Santos-O-Novo, une Vierge de Hans Memling, un triptyque exquis de Jan Gossaert dit Mabuse, La Sainte Famille, une Salomé très déterminée de Lucas Cranach, et un Jérôme Bosch prodigieux, La Tentation de saint Antoine. Voir aussi les Saint Jérôme en prière de Dürer, celui de Joachim Patinir et l'admirable Vierge à l'Enfant et les Saints de Hans Holbein.
Dans la partie moderne du musée : orfèvrerie religieuse, une crèche du XIXe siècle, la reconstitution intégrale d'une chapelle baroque, du mobilier européen, et un florilège d'objets des colonies dont les fameux namban, les paravents japonais représentant l'arrivée des Portugais au XVI>e siècle en costumes bouffants portant moustaches et affublés de longs nez. Un vrai choc des cultures pour les Japonais, complètement isolés à l'époque.

 

Musée National des Azulejos

De l'ancien édifice reconstruit après le tremblement de terre, il reste le petit cloître et le très beau portail manuélin de l'église. L'intérieur fut remarquablement restauré. L'église est un bel exemple de l'art religieux à la fin du XVIIIe siècle. Dans l'immense nef, panneaux d'azulejos hollandais bleu et blanc du XVIIe, magnifiques talhas douradas (bois sculptés dorés), impressionnants panneaux peints. Le corso alto (en fait, la galerie supérieure) propose la même orgie de dorures. Tableaux flamands et portugais. Superbe plancher en jacaranda (bois précieux du Brésil). L'exquis cloître manuélin et son voisin plus grand sont réservés au musée. Un voyage onirique dans l'univers de ces carreaux de faïence, depuis leur invention au XVe siècle jusqu'à aujourd'hui. Ils ont servi de support à tous les thèmes : guerre, chasse, portraits, végétaux, navires, animaux, légendes... Des milliers de pièces, dont la plus spectaculaire reste cet azulejo géant montrant le Lisbonne d'avant le tremblement de terre.

 

 

 

Musée des Carosses

Il occupe l'ancien manège du palais de Belém. Pour les amateurs, exposition de plusieurs dizaines de carrosses royaux, coches, berlines du XVIe au XIXe siècle, la plupart somptueusement peints et décorés. Voitures de voyage aux intérieurs rouge et or, aux rideaux en soie brodée, carrosse avec une belle tête d'indien gravée sur le devant, chaises à porteurs, berlines, voitures de promenade de la seconde partie du XXe siècle, style cabriolet à deux roues, qui plaisait tant aux jeunes princes et princesses pour aller danser aux « docas » de l'époque. Et aussi une étrange chaise de poste, avec ses deux rideaux de cuir sur le devant où s'ouvrent deux hublots avec des glaces.

 

 

Gastronomie

Entrées et plats typiques

Bacalhau (morue) : on dit qu’il y a 365 manières de préparer la morue. On trouve dans presque tous les cafés des croquettes de morue (bolinhos ou pastéis de bacalhau). Dans les restaurants, les préparations les plus répandues sont bacalhau cozido (morue bouillie), bacalhau assado (morue rôtie) et bacalhau assado na brasa (morue rôtie à la braise). Sans oublier la préparation de Lisbonne, bacalhau a Bràs : morue, oignons, pommes de terre émincées, œufs brouillés, olives noires et persil.
Caracois (escargots) : spécialité de la région de Lisbonne.
Sopa da Pedra (soupe de pierre) : l’ancien repas du pauvre à Lisbonne. Soupe cuite avec une pierre au fond de la marmite, dans laquelle on met un peu de tout, suivant l’humeur du chef. Mieux vaut avoir faim et ne pas être trop curieux.
Peixe (poisson) : grillés (grelhados) ou rôtis (assados), le choix est considérable. À Lisbonne, comme sur toute la côte, le poisson est roi : mérou, espadon, calmar, poulpe, raie, sole, anguille, sans oublier, bien sûr, les fameuses sardinhas (sardines), dont l’odeur se propage à tous les coins de rue.
Carne de porco alentejano : encore un plat typiquement de Lisbonne. Ce sont des morceaux de filet de porc cuits avec de l’ail, des épices, du saindoux et des palourdes. L’alliance du porc et des coquillages a de quoi surprendre, mais c’est un vrai régal. On peut aussi trouver ce plat avec du jambon.
 

 

Pâtisseries

Les torradas : grosses tranches de pain de mie, servies grillées et tartinées de beurre salé, que l'on mange à 16 h avec du chocolat chaud ou du thé.
Les pastéis de nata : la grande spécialité de Lisbonne, à goûter absolument avant de quitter la ville. Sorte de mini-flan rond lové dans une pâte feuilletée et saupoudré de cannelle et de sucre glace. Se déguste tiède de préférence.

 

 

Tramways (Electricos)

À la fin de l'été 1901, les Lisboètes inaugurèrent un nouveau moyen de transport : le premier « electrico » reliant Caís do Sodré à Algès. Appartenant à la mémoire de la ville, il en reste quelques-uns, que tout amoureux de Lisbonne guette dès son arrivée. Vieux trams rouges ou jaunes, en tôle et en bois clair, à l'aspect de boîtes de conserve un rien cabossées, aux frontons desquels s'affichent un chiffre et une destination. Pour être sûr d'être assis, mieux vaut éviter les heures de pointe.

Le plus beau est sans conteste le no 28 qui effectue la traversée des quartiers les plus pittoresques (Bairro Alto, Alfama, Graça). Il se prend généralement rua da Conceição (dans les deux sens) à Baixa. Une balade inoubliable avec des plongées éperdues qui livrent le soir des points de vue flamboyants sur la ville. Le tram no 25, qui circule entre la praça do Comércio et Estrela, emprunte une partie du parcours no 28 mais traverse Lapa et Madragoa.
Vous aurez le temps d'admirer les finitions cuivrées de l'intérieur de l'engin, et la placidité du wattman, à l'avant, barrant un volant en acier de la taille d'un gouvernail de skipper. Lorsque le wattman actionne la cloche, commence un voyage mémorable, la mécanique filant droit sur ses rails avant d'aborder des virages en épingle spectaculaires et frôler à quelques centimètres près les angles des façades, les étals des magasins, les piétons qui doivent jouer aux toreros entre les voitures stationnées, encapuchonnées de gris pour les protéger, et les trams qui viennent en face. Bruyants, minuscules, cahotants, ces engins escaladent gaillardement les collines et se faufilent dans les rues les plus étroites et les plus tortueuses. Des gamins s'amusent parfois à se donner des frissons en s'accrochant à l'arrière du tram tout en essayant de décrocher la flèche électrique et provoquer le courroux du conducteur...

Curiosités

Baixa et la Bairro Alto

Praça do Comércio

 

 

 

 

 

 

Quartier de Baixa

Elevador de Santa Justa

Praça de Dom Pedro IV (Rossio)

Praça da Figueira

Praça dos Restauradores

Eglise du Carmo

 

 

Quartier de Bairro Alto

Mirador de Santa Catarina

Avenida da Liberdade

Praça Marquês de Pombal

Parc Edouard VII

Musée et parc Calouste Gulbenkian

 

 

 

 

 

 

Alfama et les miradores

La Cathédrale « Se »

Electrico n°28 (tramway)

Mirador de Santa Luzia

Château Sao Jorgo

Eglise et cloître Sao Vicente da Fora

Eglise et mirador de la Graça

Mirador de Senora do Monte

Quartier Alfama : balade et visite de la maison du fado

 

 

 

 

 

Belém 

Quartier de Belém

Monasteiro de los Jéronimos

Jardin tropical

Monuments aux explorateurs

Tour de Belém

Centre culturel de Belém

Musée de la Marine

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

A ne pas rater aux alentours

Sintra

Palais National de Sintra

Palais des Maures

Palais de Pena

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