Fenêtre Ouverte


Mardi 5 septembre 2006

SAINT-DENIS DE LA REUNION (AP) - Le ministre de l'Outre-mer François Baroin est attendu mardi à La Réunion où le dossier "Chikungunya" l'attend. Si le nombre de cas n'est plus aussi important (une vingtaine par semaine) que lors du pic en février dernier, l'épidémie est en train de passer l'hiver austral. Dans quelques semaines, la température et la pluviométrie seront en hausse, de quoi faire plaisir au moustique vecteur.

La Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) semble faire son possible pour arriver à une semaine sans aucun malade. "Nous réalisons des mesures curatives à chaque cas de chikungunya signalé. Les dix maisons aux alentours du cas répertorié sont démoustiquées dans les cinq jours et les cent maisons aux alentours sont traitées en quinze jours", explique Flore Thérond-Rivani, directrice de la Drass de La Réunion.

Pourtant, "le virus est toujours présent, la transmission se fait toujours", avoue Mme Thérond-Rivani. "On a encore un réservoir humain susceptible d'être touché", note Vincent Pierre, épidémiologiste à la Cire (Cellule interrégionale d'épidémiologie).

Le Pr Antoine Flahaut, président de la Cellule nationale de coordination des recherches sur le chikungunya, pense que 75% de la population réunionnaise finira par être touchée. "Les 75%, on devrait y arriver. Pas en un an comme au Kenya en 2004 ou en Grande-Comore en 2005, mais on y sera", dit-il. Aujourd'hui, entre 35 et 40% des 780.000 habitants de l'île auraient été touchés.

Pas très rassurant d'autant que la cellule nationale travaille sur un modèle de la prochaine épidémie. "L'épidémie sera différente, moins intense et pas homogène sur l'île. Maintenant, je ne peux pas dire s'il y aura 10.000 ou 100.000 cas", avoue Xavier de Lamballerie, président du service de virologie à Marseille et coordinateur des essais cliniques à base de Nivaquine. Des essais dont "les analyses des données devraient être dévoilées en octobre". Les essais "se sont très bien passés, il n'y a pas eu d'effet secondaire. Maintenant, il est possible que cela ne marche pas", dit-il.

Les membres de la cellule nationale de coordination des recherches sur le chikungunya étaient présents sur l'île ce week-end pour expliquer les résultats d'une étude sociologique sur l'épidémie à La Réunion.

Cette étude portant sur 1.035 personnes montre que "celles de 45 à 59 ans ont été les plus touchées, tout comme celles ayant une maison avec un jardin", note Michel Setbon, directeur de recherche au CNRS. Il rappelle aussi que "les sprays et les crèmes sont les moyens les plus efficaces pour se prémunir de l'épidémie". Enfin, selon cette même étude, 33,9% des Réunionnais pensent que la cause de contamination peut être due à un contact humain et 36,5% estiment que le virus peut être dans l'air.

Lors de la visite sur l'île, François Baroin, ministre de l'Outre-mer devra aussi répondre aux acteurs économiques. La Réunion connaît une crise du tourisme sans précédent depuis le début de l'année. AP

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