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Mercredi 24 mai 2006
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PARIS (AFP) - Séismes et éruptions volcaniques secouent les pourtours du Pacifique, alimentant les craintes d'un réveil brutal de la "ceinture de feu" qui borde cet océan, même si les scientifiques minimisent la possibilité d'un effet domino dans une zone aussi vaste.

Six gros séismes, d'une magnitude supérieure à 7 sur l'échelle de Richter, ont été recensés depuis le début de l'année dans cette partie du monde.

 

S'y ajoute la spectaculaire éruption du volcan Merapi, au coeur de l'île de Java, qui a elle contraint les autorités indonésiennes à procéder à l'évacuation préventive de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

 

Une telle fréquence de séismes est loin d'être exceptionnelle: sur l'ensemble de la planète, les services géologiques américains en répertorient en moyenne 19,4 par an d'une magnitude supérieure à 7 depuis 1900 (mais seulement 11 en 2005).

 

La "ceinture de feu" du Pacifique concentre certaines des plus importantes zones de subduction du monde: des plaques de croûte terrestre s'y enfoncent à grande vitesse géologique (plusieurs centimètres par an) sous d'autres plaques, accumulant d'énormes tensions qui doivent bien un jour se libérer.

 

"Le pourtour de l'Océan Pacifique est formé de zones de subduction constamment actives, même si on en parle pas toujours beaucoup car nombre de ces séismes surviennent dans des endroits très peu peuplés", comme la péninsule russe du Kamtchatka ou les îles Kouriles, relève Mustapha Meghraoui, de l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg.

 

Pour Paul Tapponnier, tectonicien à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), "presque tous les systèmes de grandes failles que nous connaissons se comportent de la même façon, un peu à la manière d'une chemise boutonnée. Lorsque la tension arrive à un certain point, un bouton saute, et après tout va très vite, et tous les autres boutons sautent à leur tour".

 

"Une faille peut ne pas bouger pendant des siècles et puis, en quelques années, ou dizaines d'années, tout part", explique M. Tapponnier.

 

Autour du Pacifique, les sismologues attendent ainsi depuis des dizaines d'années des tremblements de terre dévastateurs dans ces zones de "lacunes sismiques": au Chili, en Alaska, en Californie (où menacent les célèbres failles de San Andreas), dans la région de Tokyo, en Nouvelle-Zélande ou au large d'île indonésienne de Sumatra (au sud de l'épicentre de l'énorme séisme du 26 décembre 2004).

 

"De là, à ce que la tension se communique de faille en faille sur plusieurs milliers de kilomètres, c'est plus difficile à concevoir. Ce n'est pas inenvisageable sur les pourtours d'une même plaque, mais la zone du Pacifique recouvre plusieurs plaques différentes", relève M. Tapponnier.

 

"On n'a pas d'exemples clairs" de déclenchement d'un séisme par un autre séisme à des milliers de kilomètres de distance, selon lui

 

Le Kamtchatka, où l'activité sismique est particulièrement intense depuis un mois (six tremblements de terre d'une magnitude supérieure à 6 depuis le 21 avril) fait partie de la même plaque tectonique que l'Alaska, mais aussi que le Japon, l'un des pays les plus densément peuplés au monde.
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