Fenêtre Ouverte


Lundi 19 mai 2008

Ce sont 200.000 croisiéristes attendus d’ici 2012: tel est le challenge que lancent les acteurs de tourisme à Casablanca. En dépit de l’absence d’un port dédié et conçu aux normes internationales, la ville est néanmoins la première destination nationale pour ce type de tourisme. «Les bateaux de croisière, généralement gigantesques, ont besoin d’un niveau d’eau assez élevé pour pouvoir accoster. Casablanca est l’un des rares ports marocains à pouvoir accueillir ce type de navires», explique Saïd Mouhid, directeur général du CRT. Il ajoute que «ce segment constitue pour la ville un volet stratégique de son plan de développement touristique». Il est probablement aussi important que la promotion du tourisme conventionnel. Pourquoi? Un simple calcul permet de se rendre compte de la dimension lucrative de ce business. Un bateau de croisière permet d’embarquer entre 2 et 3.000 passagers. Et il y a des bâtiments qui peuvent même en recevoir beaucoup plus. Lorsque les croisiéristes font une escale à Casablanca, «ils dépensent 120 euros en moyenne par personne», affirme Mouhid. Notons que l’escale ne dure pas plus de 12 heures. Donc, le chiffre d’affaires par escale est de 240 à 360.000 euros, soit 3,3 millions de DH en moyenne! L’objectif du CRT est de convaincre les croisiéristes de revenir plus souvent sur Casablanca, surtout que celle-ci se trouve sur le trajet menant aux Canaries, une des destinations phare des croisières. Pour atteindre cet objectif, tout un plan d’attaque est mis en place. Des campagnes de promotion de l’offre de la ville auprès des grands tours opérateurs de ce segment, sont prévues. Plus proche de nous, des guichets d’information mobiles seront à l’accueil des touristes à chaque fois qu’un navire accostera sur les côtes casablancaises. Le CRT a également préparé un site dédié au tourisme de croisière. Il sera prochainement mis en ligne sous le nom de Casacruise. Ce portail sera pour la ville une fenêtre de dialogue avec les acteurs mondiaux impliqués dans ce type de tourisme. Il est à signaler que le chiffre de 200.000 croisiéristes à l’horizon 2012 affiché par la ville est déjà atteint par Tunis. Avec une notoriété mondiale moins importante, cette ville fait mieux que le Grand Casablanca. Pourquoi et comment, des questions qu’on ne peut s’empêcher de poser. Dans le domaine de la croisière, la Floride reste le premier  opérateur avec plus  de 50% de l’activité mondiale dans ce domaine. Avec tous ses atouts urbanistiques et culturels, Casablanca a certainement une place à prendre dans le tourisme en général, et dans celui des croisières en particulier. Néanmoins, une mise à niveau de l’infrastructure d’accueil s’impose.

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