L'émergence de nouvelles destinations, souvent plus abordables et plus tendance, rend de plus en plus difficile d'attirer
des touristes français au Québec. Malgré tout, la Belle Province continue à tirer son épingle du jeu et, en cette année du 400e anniversaire de la ville de Québec, le ministère du Tourisme a bon
espoir d'augmenter, la quantité de visiteurs provenant de l'Hexagone.
Mais la bataille n'est pas encore gagnée. Après des années d'un boycottage soft à la suite de la divergence franco-américaine sur l'Irak, les Français retournent massivement aux États-Unis,
profitant de la force de l'euro. «La demande pour les États-Unis a littéralement explosé cette année. Il semble que le sentiment d'antipathie de part et d'autre s'atténue», affirme Michel Zaloum,
président d'Odytours, grossiste québécois qui travaille avec les voyagistes français. Et quand les Français vont aux États-Unis, règle générale, c'est qu'ils ne viennent pas au Québec. Ils
choisissent New York plutôt que Montréal.
La concurrence internationale est également plus vive que jamais. Les destinations émergentes, comme l'Égypte, la Thaïlande et les pays de l'Europe de l'Est, courtisent avec force les Français.
«On doit absolument maintenir une forte présence en France. Sinon, d'autres destinations prendront notre place chèrement acquise», prévient M. Zaloum. Le ministère du Tourisme semble prendre au
sérieux cette menace.
Après un sommet de 400 000 visiteurs dans les années 90, le nombre de touristes français a chuté de façon drastique, atteignant son plus bas niveau en 2003 avec 215 000 visiteurs. Mais depuis
2004, le Québec a repris du poil de la bête. Le nombre de touristes français a dépassé la barre des 300 000 en 2007.
Économie régionale
Pour le Québec, la France demeure le marché international le plus important, à l'exclusion des États-Unis. Mais à la différence des Américains,
qui n'ont que deux semaines de vacances par année, les Français en comptent au minimum cinq, plus 13 jours fériés, et en plus, la Loi sur la réduction du temps de travail leur accorde entre 13 et
25 jours de congés supplémentaires. Les Français partent donc en moyenne 16 jours au Québec, contre 3,6 jours pour les Américains et 3,3 jours pour les Canadiens.
«Résultat: les Français profitent de leurs longues vacances pour s'aventurer à l'extérieur des grands centres, stimulant l'économie régionale, ce que les Américains ne peuvent s'offrir par manque
de temps», explique Réjean Lafleur, directeur à la direction des marchés touristiques au ministère du Tourisme.
On retrouve les Gaulois en Gaspésie, sur la Côte-Nord et dans les forêts perdues de la Mauricie, où même les Québécois se font rares. «Sans la barrière de la langue, les Français s'informent
davantage et ne craignent pas de s'aventurer hors des sentiers battus», dit M. Zaloum. Il s'agit donc d'une clientèle recherchée, qui ne craint d'ailleurs pas l'hiver. Le quart des Français nous
visitent pendant la saison froide.