Fenêtre Ouverte


Mardi 11 décembre 2007
PARIS - Les directions de la RATP et de la SNCF devaient communiquer à partir de mardi des prévisions de trafic détaillées pour le milieu de semaine alors qu'un préavis de grève contre les modalités de réforme des régimes spéciaux de retraite a été déposé pour mercredi par la CGT-RATP, qui n'appelait plus clairement à la grève lundi soir, et pour jeudi par les fédérations de cheminots CGT et CFE-CGC.

Dès lundi, la direction de la RATP a annoncé dans un communiqué qu'elle tablait pour la journée de mercredi sur un trafic assuré à 60% dans le métro, trois trains sur quatre sur la ligne-A du RER, 60% des trains sur la ligne-B, et 80% des bus et des tramways en service.

Du côté de la SNCF, des sources internes à l'entreprise laissaient entendre dès lundi que le mouvement prévu jeudi ne devrait avoir "rien de commun" avec ceux d'octobre et de novembre qui avaient très fortement perturbé la circulation des trains durant plusieurs jours.

La CGT-RATP, pour sa part, a annoncé dans un communiqué diffusé lundi soir, avoir obtenu "des réponses" lors d'une rencontre avec la direction, même si "le gouvernement doit encore avancer" sur certains points.

Sans appeler les agents à faire grève ou non, le syndicat les invite à "mesurer les avancées obtenues et à mettre en oeuvre les formes d'actions les plus adapées localement". "Des démarches locales de motions, pétitions" peuvent contribuer utilement aux revendications, avance le syndicat. Certaines sections du syndicat, notamment dans des dépôts de bus, se démarquaient déjà de ce mot d'ordre de grève dans des tracts.

Le syndicat Sud-RATP, opposé à la réforme mais qui n'appelle pas à cette grève et n'était pas invité à l'intersyndicale, s'attend de son côté à un échec du mouvement prévu mercredi.

"Nous n'étions pas demandeurs de cette réforme ni des négociations internes à l'entreprise pour l'accompagner", a déclaré lundi à l'Associated Press le secrétaire général de Sud-RATP Philippe Touzet.

"On ne va pas embarquer les agents dans un mouvement destiné à faire pression sur des discussions d'entreprise consistant à accompagner une réforme dont on refuse les principes", a-t-il ajouté, prévoyant un "bide total" pour la grève de mercredi.

Les négociations entamées le 21 novembre dernier doivent se terminer le 18 décembre à la SNCF. A la RATP, le calendrier prévoyait une fin des discussions dans le courant de la semaine mais, selon la CGT, une autre réunion pourrait finalement avoir lieu le 17 ou le 18 décembre.

La majorité des syndicats espèrent encore obtenir des concessions supplémentaires du gouvernement sur l'instauration de la décote en cas de départ sans avoir cotisé le nombre d'annuités requises et sur l'indexation des pensions sur les prix.

Mais toutes les organisations syndicales ne sont pas d'accord sur la manière d'y parvenir, notamment sur la nécessité d'en passer par la grève. A la SNCF, la confusion règne parmi les fédérations.

Ainsi, les fédérations CGT et CFE-CGC des cheminots ont appelé à une grève de 24 heures pour la journée de jeudi, tandis que la CFTC appelle seule à un mouvement reconductible à compter du 17 décembre et que la CFDT a opté pour des arrêts de travail de 59 minutes le 20 décembre au moment des prises de service.

Malgré cette situation, FO-Cheminots, qui réunit son bureau fédéral mercredi compte proposer une "action unitaire" aux autres syndicats.

"Ce n'est pas une grève de plus qui nous fera changer de position", a pour sa part prévenu le Premier ministre François Fillon lundi dans un entretien au quotidien économique "Les Echos", précisant que "les décrets d'application posant les principes de la réforme seront publiés au tout début 2008". AP

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